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Vous en avez assez ...

mercredi 30 mai 2007


C’est ainsi que Nicolas Sarkozy a ponctué ses discours (Discours de Clermont-Ferrand 27/04), complétant cette phrase répétitive d’une litanie de revendications , où il y avait à boire et manger pour tous.

Nous en avons repêché quelques unes pour mémoire, elles pourront resservir :


- Vous en avez assez de tous ces gens qui décident à votre place et qui ne supportent jamais pour eux-mêmes les conséquences de ce qu’ils décident.
- Vous en avez assez de tous ces gens qui veulent toujours vous imposer des sacrifices qu’ils ne sont pas capables de s’imposer à eux-mêmes.
- Vous en avez assez que l’on vous répète sans arrêt qu’il n’y a qu’une seule politique possible et que vous n’avez pas le choix.

- Vous en avez assez.
- Vous en avez assez que des commissaires européens, des Banques Centrales, des cabinets ministériels, des grands corps, des experts, les médias, pensent à votre place, décident à votre place.
- Vous en avez assez que la démocratie abdique devant la soi-disant dictature des marchés.
- Vous en avez assez que l’Etat abdique devant les bureaucraties, les corporatismes et les lobbies.
- Vous en avez assez que l’Europe ne soit pas démocratique.
- Vous en avez assez qu’on vous dise :
- « Plus de croissance, ce n’est pas possible ! »
- « Le plein emploi, ce n’est pas possible ! »

Voilà pour les discours

Et pour finir, le discours d’investiture et une larme écrasée à la lecture de la lettre émouvante de Guy Mocquet dont la dernière phrase était : "Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

Voilà pour les symboles

Mais au delà de la démagogie, les attaques programmées par ce même Nicolas Sarkozy contre l’Etat providence, contre l’assistanat, contre l’impôt et la lourdeur des prélèvements sociaux, qu’en pensent ou en penseraient les résistants ?

Ce sont en effet tous les fondements de la paix sociale nécessaire à la reconstruction du pays après guerre qui sont visés : le rôle de l’Etat dans la régulation sociale et économique, la part du service public dans la nation (et son corollaire : le statut du fonctionnaire), l’unité nationale, les droits au savoir, à la santé, à la retraite, à l’expression...

Bref, la présence de ce qu’on a appelé l’Etat-providence soumis depuis 30 ans à une "crise" en grande partie organisée.

Il faut toutefois rappeler que cet Etat-providence n’est pas tombé du ciel ! Il est né des grands combats de la génération précédente, et en particulier celui des résistants (le CNR - Conseil National de la Résistance - a entre autres défini la fonction publique, programmé les nationalisations.)

C’est un éclairage intéressant pour qui veut utiliser ces symboles !


Et pour finir il a voulu " réhabiliter la valeur travail"

Quand nous réclamons des augmentation de salaire, que demandons nous, sinon une réhabilitation de la valeur du travail !

Avec ce slogan électoral Nicolas Sarkozy a finement joué et ratissé large. On peut le traduire selon l’auditoire par augmenter nos salaires ou par remettez ces fainéants au travail.

Depuis 25 ans la part qui revient au travail dans la richesse nationale a reculé de plus de 10 points au profit de celle de la rente et du capital. La réhabilitation de la valeur du travail est donc bien une nécessité et passe par une inversion de cette tendance.

Or toutes les mesures libérales prônées par Nicolas Sarkozy accentueront cette tendance.

Les allégements de fiscalité sur les heures supplémentaires seront un nouveau cadeau offert aux entreprises et donc aux actionnaires.

Le bouclier fiscal, la défiscalisation complète des successions profiteront encore aux plus riches.

Et tous ces allègements d’impôts auront leur contrepartie dans les comptes sociaux : la Sécu, les retraites.

Pour boucler les budgets il faudra sabrer dans ces comptes sociaux (4 nouvelles franchises médicales sont prévues dès 2008, de 10€ chacune pour commencer) et une nouvelle fois privatiser (vente de participations de l’Etat dans F Telecom, ouverture du capital de la Banque Postale...)

Les discours volontaristes et populistes de Sarkozy ont jeté la confusion et lui ont permis de se poser en candidat de la rupture contre le système.

Pourtant Nicolas Sarkozy ne vient pas de naître en politique, il est passé récemment par le ministère de l’économie et des finances ou il a donné toute sa mesure avec ses amis de l’UMP :

Le modèle économique qu’il préconise et ses conséquences sont sur le site de la cfdt hotellerie restauration (nous ne sommes pas sectaires quand les informations sont intéressantes)

Comme Reagan et Tatcher hier, partisans d’une droite libérale décomplexée, Nicolas Sarkozy a choisi d’opposer ceux qui ne gagnent pas grand chose (les Français qui se lèvent tôt) aux plus démunis (les assistés), masquant ainsi sa défense des rentiers et des plus riches.

Dans la continuité de la lutte anti CPE, le mouvement social - sans aucun complexe car il participe de la démocratie - est bien la dernière défense contre l’offensive libérale à venir, car nul doute que rapidement nous en aurons assez !

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