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Belem, navigation en eaux troubles

vendredi 10 juin 2016


A Nantes, le BELEM est un nom très connu qui renvoie au superbe voilier trois-mâts construit à Nantes par les chantiers Dubigeon et qui a conservé Nantes comme port d’attache. C’est un symbole fort auquel sont attachés les nantais.

Mais c’est un autre équipage qui travaillait dans l’établissement postal également dénommé le Belem. Ce navire là s’est transformé en galère pour les intérimaires.
Comme l’indiquait un article de presse local en avril 2013 (20 minutes), les salariés débarqués sont les naufragés du Belem.

Cet établissement avait été conçu à l’origine comme centre de tri ’’parallèle’’ dans la perspective de jouer un rôle de briseur de grève. C’était sa feuille de route.

Il embarquait de nombreux salariés en CDD, plus nombreux que les postiers titulaires.

Au fil de l’eau il était devenu un centre d’entraide sur le Grand Ouest.

Et puis La Poste décida de le fermer à l’occasion d’une réorganisation fin 2012.

Les soutiers précaires, CDD, intérimaires ? Ce n’était plus le problème de La Poste. D’ailleurs sur les dernières années précédant la fermeture, La Poste avait changé sa politique et employait des intérimaires au lieu de contrats en CDD.

Débarqués comme des malpropres, ils sont venus nous voir, espérant une justice.

18 salariés ont entamé une procédure prud’homale en 2013. Leur histoire était assez semblable : une période de plusieurs années en CDD, suivie d’une période en intérim à compter de 2007 - 2008.

Une moyenne de 10 ans d’emploi précaire et aucune reconnaissance de leur situation...

Et une négation complète de leur droits par La Poste, que ce soit en matière de requalification des contrats en CDI, et de réintégration pour ceux le souhaitant en l’absence de PSE.

La procédure prud’homale c’est aussi un voyage. Un long voyage. Et La Poste a utilisé toutes les ficelles de la procédure pour qu’il le soit.

Impliquant la société d’intérim dans un premier temps... et prolongeant à loisir la procédure par ce moyen, sans compter une réouverture des débats...

Encore et toujours la galère pour les salariés.

Le jugement devait être rendu le 13 juin, un symbole alors que le grand frère, le navire devait appareiller la veille !

Mais le prononcé du jugement est reporté à l’automne. Le voyage n’est donc pas fini.

Les salariés du Belem ont le coeur bien accroché, la météo prud’homale a des caprices, ils ne lachent pas la barre. La terre promise finira bien par apparaître et leur rendre justice.

Comme en mer où la solidarité est une valeur indispensable à la survie, notre syndicat ne lâchera rien quels que soient les aléas du voyage vers la nécessaire reconnaissance de leurs droits.

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