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Rapport de la cour des comptes : haro sur le facteur !

mardi 1er mars 2016


En résumé la baisse du trafic courrier menace La Poste, et elle va s’accentuer. Et La Poste a bien réagi en réduisant les effectifs et en réorganisant les services à tour de bras.

Mais la Cour relève des freins qui limitent les effets de cette politique : coûts de personnel (nombre d’agents et mauvaises habitudes des facteurs et factrices) et contraintes du service public, rebaptisé universel dans sa version light.

Les remèdes proposés : la saignée, la saignée, encore la saignée !

Ce qui se traduit par deux injonctions :

1. Accélérer les réorganisations et les suppressions d’emplois et rendre le personnel plus flexible.

2. Réduire les missions de service public.

Méconnaissance du métier de facteur

A quelles sources, la Cour a t-elle puisé pour rédiger son rapport ? Certainement pas auprès des syndicalistes ou des nombreuses expertises CHSCT pourtant éclairantes sur le sujet du mal-être postal.

La Cour se discrédite par sa méconnaissance de la réalité actuelle du métier de facteur, quand elle décrit une situation qui existait il y a quinze ans. Les facteurs feront des bonds en découvrant ce que la Cour écrit sur le fini parti ou les travaux intérieurs !

Les nombreuses réorganisations sont passées par là et ont dégradé considérablement leurs conditions de travail. Ce qui explique aussi l’absentéisme en forte progression.

Sur ce point, la Cour ne se préoccupe pas des causes, mais elle a comme solution la rémunération variable en fonction de la présence effective !

Ce qui permet au Président de La Poste de se poser en modérateur dans sa réponse, en soulignant le caractère juridiquement périlleux d’une telle mesure. En effet la loi ne permet pas ce type de discrimination lié à l’état de santé...

De même mettre en parallèle la baisse de l’activité et la baisse des effectifs ne tient pas compte des kms parcourus à la distribution qui ne baissent pas dans les mêmes proportions.

L’attaque la plus vive porte sur l’emploi considéré comme trop stable. Il faut passer du modèle CDI à un modèle flexible à base de temps partiel !

La Cour des comptes ne doit pas lire les chroniques judiciaires où La Poste est régulièrement sanctionnée pour abus de contrats précaires. En effet La Poste n’a pas attendu ce rapport de la Cour pour utiliser toutes les ficelles des emplois précaires.

Accélérer les réorganisations et généraliser l’emploi précaire sont en définitive les ingrédients de la potion prescrite qui tuera plus sûrement le malade qu’elle ne le guérira !!!

Les mains dans le pot de confiture...

La Cour des comptes a pour mission de s’assurer du bon emploi de l’argent public et d’en informer les citoyens (selon l’article 47-2 de la Constitution).

Dans un article du 27 janvier Le Canard Enchaîné signale la promesse faite par le Président de la Cour (Didier Migaud) aux magistrats des chambres, d’augmenter leurs primes de 9 %.

Rapporté à des primes annuelles que la Cour estime elle même entre 20.000 et 38.000€, voilà qui met du beurre dans les épinards et donne une indépendance de vue réjouissante !

Surtout, comme le relève l’hebdomadaire satirique, quand la Cour fait par ailleurs la morale au sujet de la masse salariale de l’état, où les primes selon la Cour « ont pris une importance croissante dans la rémunération des agents, par empilement de dispositifs hétérogènes, parfois inéquitables ».

Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais, pourrait donc être en résumé la philosophie de ces parangons de la défense du bon usage de l’argent public !

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