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Nuages sur l’avenir des services informatiques de La Poste

mercredi 23 octobre 2013


Objectif des 12 chantiers en cours

Partant du constat que l’économie des SI coûte cher (7,4%du CA du Groupe en 2012 hors Sofipost) l’objectif clairement affiché est de diminuer le coût de l’existant, par la maîtrise et la baisse (de 140M€) de l’enveloppe globale. Celle ci nous dit-on a augmenté de 7,7% par an entre 96 et 2008 puis de 2% depuis...
Nous aimerions bien savoir le coût de la métiérisation là-dedans et en particulier des projets PFT censés eux même réduire les coûts à l’époque.

En plaçant le développement du numérique au cœur du Plan stratégique nos dirigeants posent plusieurs exigences et en particulier l’adaptabilité, la capacité à développer des projets nouveaux (car le poids des applications existantes est devenu excessif...), la garantie de la sécurité tout en ayant l’obligation d’ouvrir les SI aux usages et aux matériels nouveaux (réseaux sociaux, smartphones …).

La mission qui consiste à proposer des évolutions des SI à été confiée au Délégué Général épaulé d’un groupe d’étude comprenant les différents DSI du Groupe La Poste.

Ce groupe d’étude a été mis en place début 2013 … et l’information commence seulement à arriver !

Les choix sont-ils déjà faits ?

Les principaux choix ont manifestement été faits : il s’agit de prendre en compte les évolutions technologiques (cloud, virtualisation des postes de travail pour celles ayant l’impact le plus lourd).

Si les orientation détaillées n’apparaissent pas encore, quelle est l’approche retenue par le Groupe de travail ? Elle est résumée dans cette phrase extraite du document de présentation :

« Il est nécessaire d’ébaucher le chemin des évolutions souhaitées pour atteindre l’objectif d’une maîtrise des SI par le développement des compétences des informaticiens et techniciens et par la définition, à chaque phase des évolutions, de la pertinence de l’utilisation des ressources externes par rapport aux ressources internes ».

Tout le reste du document nous montre que les ressources externes seront privilégiées.

Le calendrier des évolutions annoncé : à échéance 2018.

Les priorités retenues concernent :
- le maintien en interne uniquement des données sensibles et pour le reste cloud et progiciels
- la virtualisation des postes avec l’architecture du réseau adaptée
- la diminution du parc d’applications obsolètes ou sans valeur ajoutée...

Dans le détail les groupes de travail associant toutes les DSI (y compris Géopost) + DISIT et DSEM ont lancé 6 chantiers techniques, 3 chantiers transverses et 3 actions de gouvernance.

Les chantiers techniques

Ces chantiers sont au nombre de 6.

La mutualisation, en terme d’hébergement, d’infrastructures, de recours au Cloud (arbitrage sur ce point prévu au 4ème trimestre 2013)

Les évolutions Réseaux et Télécoms, où est noté l’adaptation nécessaire de l’organisation de la DISIT.

Pour ce qui est du Poste de travail : le Cloud public est envisagé pour la messagerie, la bureautique... La convergence des socles, la virtualisation, l’intégration des nouveaux terminaux est également à l’étude (arbitrage prévu au 1er trimestre 2014)

Il y est aussi question de la contribution du SI à la mise en œuvre du télétravail.

Un chantier concerne la rationalisation du SI RH avec l’objectif de proposer des solutions de mutualisation : socles, progiciels, équipes MOE, sous traitance...

Un chantier concerne l’optimisation des coûts récurrents SAP : simplifier l’exploitation et mutualiser éléments communs ... Mais des décisions avec répercussions importantes sur nos services ont déjà été prises puisque a été lancé un appel d’offre européen pour une prestation de reprise en infogérance !

Les chantiers transverses

Ces chantiers sont au nombre de 3.

Définition des domaines sensibles : définition exhaustive souhaitée pour fin 2013 (données pour lesquelles La Poste souhaite conserver le contrôle).

L’économie des SI : En fait le chantier principal consistant à réduire les coûts.

La GPEC :

C’est ici que nous voyons poindre les évolutions et les impacts sur les carrières des informaticiens.

Le document affirme que ceci se fera progressivement, mais les évolutions s’inscrivent dans le cadre contraint du calendrier du plan stratégique … soit à échéance 2018.

Ce qui ressort du document en terme d’évolution des emplois :

- Diminution des équipes d’exploitation (évolution pour le reste en gestionnaire de Cloud computing)
- Diminution des équipes de développement (évolution pour le reste vers la prospective, l’ergonomie et pour l’essentiel l’intégration)
- Inconnu sur les chefs de projets SI : ils doivent s’adapter au nouveau contexte (mais en moins grand nombre s’il y a moins d’équipes ...)
- Diminution des équipes techniques chargées de l’installation et de la maintenance des postes de W (très forte selon virtualisation)

En contrepartie davantage d’architectes, d’urbanistes, d’administrateurs de données, gestionnaires sécurité, métiers BI (également appelés à évoluer).

Ces nouveaux métiers (qui existent dèjà) ne remplaceront pas en nombre les métiers amenés à disparaître.

Si le document renvoie à plus tard le détail des conséquences, il fournit des éléments chiffrés sur la population des informaticiens (par familles professionnelles et par répartition géographique), et en particulier du nombre de départs à la retraite d’ici à 2018 (687). Le document ne parle pas d’embauches dans le secteur...

Pourtant le document indique lui-même que la part des prestations externes dans la dépense (1524M€) atteint 32 %. A comparer avec le poste charge ‘’Personnel interne’’ à 31 % seulement.

Si on prend l’exemple de l’hébergement des machines en externe, force est pourtant de constater que la qualité du service n’est pas toujours au rendez vous, les incidents récents en sont la preuve.

Mais il est clair que La Poste n’a pas prévu de s’appuyer sur le potentiel représenté par ses informaticiens, et qu’elle compte poursuivre sur la voie de la réduction drastique des effectifs et de l’externalisation à tout va.

Les chiffres fournis sur la répartition géographique des informaticiens doivent également être examinés attentivement. Le document parle d’une concentration sur 5 bassins d’emplois (Ile de France 29 %, Loire atlantique 15 %, Gironde 11 %, Hte Garonne 7 %, Hérault 4 %), suggérant que les autres sites seraient marginaux.

Voilà qui doit nous alerter, car les informaticiens de ces autres sites représentent pourtant la part la plus importante, soit 34 % des informaticiens...

Les 3 derniers chantiers de gouvernance

- La synergie entre la Direction numérique et les DSI du Groupe
- Les relations du Groupe avec les principaux fournisseurs SI et la recherche de synergie autour des achats communs (les achats sont certainement le domaine qui a subi le plus de réorganisations, ce n’est donc pas fini...)
- La rationalisation des grands référentiels (ils s’aperçoivent que leur métiérisation a créé des redondances et des problèmes de cohérence)

Toutes les directions informatiques seront concernés par le résultat de ces chantiers.

Un projet comme Optimum à la DISFE doit être lu dans la perspective de ces chantiers.

Le « dialogue social » est programmé au niveau national, puis au niveau métier puis dans chaque direction dans le cadre des instances CDSP, CT et CHSCT.

Mobilisation et action nécessaire

A ce stade du projet les conséquences concrètes tardent à être dévoilées. Mais nous devons interpeller les Directions sur ces évolutions programmées.

Les personnels doivent se mobiliser autour de la défense de leurs métiers et de la pérennité des sites. Plus globalement sur la défense de l’emploi et le refus d’être sacrifié aux projets d’externalisation.

Car le paradoxe est que ces politiques récurentes d’externalisation vantées comme devant réduire les coûts, les ont dans les faits multipliés.

Lorsque La Poste affiche à 33 % du coût du SI, le montant des prestations externes, le seul chantier qui nous convienne est celui d’une réinternalisation progressive avec préservation et mise à niveau des compétences en interne. Ce chantier là est le seul qui assure l’avenir des informaticiens postiers.

Mais c’est par la mobilisation et l’action que nous devrons l’imposer.

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