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Adrexo condamné par la Cour d’appel de Rennes

samedi 24 décembre 2011


C’est une affaire instruite par SUD PTT 44-85 depuis 5 ans maintenant. Après une audience de jugement à Nantes en juin 2008 (SUD), une audience de départage en mai 2009 (SUD) et une audience devant la Cour d’Appel de Rennes le 20 octobre 2011, la Cour confirme le jugement de Nantes et condamne la société ADREXO à verser plus d’un million d’euros aux vingt trois salariés. Les 23 salariés ont été défendus par SUD à Nantes, 20 d’entre eux le seront par SUD devant la Cour d’Appel et 3 par l’avocat de FO.

Le Cour d’Appel reconnaît le bien fondé de la requalification des contrats de travail à temps partiel en contrat à temps plein et permet aux salariés d’ADREXO de se voir payer les heures travaillées gratuitement…

Cette condamnation de pratiques frauduleuses de la direction d’Adrexo est une victoire importante qui permet d’imposer le respect du droit du travail.

La Cour confirme aussi les mauvaises pratiques en matière de médecine de prévention, l’exécution fautive du contrat de travail par l’employeur, requalifie les démissions en licenciement sans cause réelle et sérieuse, …

SUD PTT attend un nouvel arrêt de la Cour d’Appel de Rennes qui sera prononcé le 18 février 2012 pour 25 salariés Contre Adrexo .

SUD attend également 35 jugements contre ADREXO Saint-Nazaire qui seront prononcés début 2012 par le Conseil de Prud’hommes de Saint-Nazaire.

Une belle victoire contre le dumping social à l’oeuvre dans la distribution directe !


Et ne perdons pas de vue qu’il s’agit d’un combat qui concerne aussi tous les autres salariés du secteur des activités postales :

Car la vague néo libérale qui submerge l’Europe fait chaque jour des dégats supplémentaires dans ce secteur : bas salaires, précarité, c’est à quel pays sera le moins disant social.

C’est le constat sans appel fait récemment par l’écrivain britannique James Meek après un voyage documenté aux Pays Bas, pays en pointe en la matière (article paru dans Courrier International intitulé : Comment ils ont tué La Poste).

Nous en citons un bref passage éloquent, version moderne de ces anciens contes de Noël où la misère cotoyait la lumière.

"Chaque semaine, particuliers et entreprises reçoivent la visite de facteurs de quatre sociétés différentes. Il y a les facteurs “orange” de la poste néerlandaise privatisée, désormais baptisée Post NL [fin mai 2011, le holding TNT NV a séparé
ses activités postales de ses opérations de transport express : TNT Post est devenue Post NL, et TNT Express a conservé son nom] ; les facteurs “bleus” de Sandd, société néerlandaise privée ; les facteurs “jaunes” de Selekt, filiale de Deutsche Post/DHL ; et enfin les facteurs “semi-orange” de Netwerk VSP, société néerlandaise créée [en 2007] par TNT Post pour cannibaliser ses propres activités en employant une main-d’œuvre précaire qui lui coûte moins cher que son propre personnel (syndiqué). Post NL distribue le courrier six jours par semaine, Sandd et Selekt deux jours par semaine, et VSP un jour par semaine.

Du point de vue d’un libéral ardent, cela peut passer pour une saine concurrence. Mais bizarrement, aucun des rivaux ne prospère. Les fonds spéculatifs et autres actionnaires transnationaux qui présidaient aux destinées de TNT l’ont obligé à se scinder. Deutsche Post s’est retirée des Pays-Bas et a vendu Selekt à Sandd [début 2011], une société qui n’a jamais été bénéficiaire. Fondée [en 2001] par d’anciens dirigeants de TNT Post, Sandd s’est fait une spécialité de la distribution du courrier privé.

Sandd est l’abréviation de Sort and deliver [Tri et distribution]. En Grande-Bretagne (comme dans de nombreux autres pays), les sociétés privées peuvent procéder à la collecte et au tri du courrier mais, dans les faits, le “dernier kilomètre” d’une lettre reste le monopole de Royal Mail. Le système Sandd consiste à livrer les caisses de courrier directement chez des travailleurs occasionnels qui effectuent le
tri sur la première surface plane qu’ils trouvent, puis distribuent les plis aux jours prévus, à l’heure de leur choix. Ce système a l’avantage de réduire les frais de l’entreprise, tout en limitant le risque que les facteurs se rencontrent pour discuter de leurs problèmes ou de l’adhésion à un syndicat.

J’ai observé le tri du courrier par notre factrice dans sa cuisine. Elle le répartissait en tas sur chacun des deux égouttoirs en acier de son évier, qu’elle avait soigneusement séchés après la vaisselle du soir. Il y avait surtout des catalogues Ikea, dont la couverture montrait un ensemble de meubles en bois clair, gais, sous un éclairage raffiné. L’idéal d’Ikea ne prévoit aucun espace adapté au tri du courrier. Tandis que le bruit mou des catalogues empilés sur la paillasse se faisait monotone, mon œil a été attiré par une rangée de Schtroumpfs en équilibre sur le tuyau de cuivre au-dessus de l’évier. Ils étaient recouverts d’une épaisse couche de poussière noire. La factrice sait bien que tout va de travers. Dans un courriel angoissé qu’elle m’a envoyé après ma visite, elle écrit : “Beaucoup de larmes coulent”.

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